SAHELNETTES : Ces femmes qui participent à la création numérique au Tchad

Le 19 novembre dernier, j’ai participé à une conférence du #NovembreNumérique à l’Institut Français de N’Djamena. La thématique portait sur les SAHELNETTES : Ces femmes qui participent à la création numérique au Tchad. Le panel était présidé par notre ultime #Afroptimiste tchadienne, Sandrine Naguertiga, qui est aussi une blogueuse connue à l’international et Directrice de la communication, du genre et des projets numériques chez #WenakLabs.

Quatre jeunes femmes tchadiennes éduquées, toutes impliquées dans le secteur des TIC en Afrique ont animé le panel avec leurs échanges riches en expériences, contenues et conseils.

Les Sahelnettes
Credit photo: WenakLabs

Malgré le retard du Tchad dans le secteur du numérique, elles ont relevé l’importance de rester pragmatique et de miser sur ce secteur qui n’a pas de limite. Les TIC représentent un secteur d’avenir pour l’Afrique et peut réellement nous aider à avancer et améliorer nos conditions de vies, car il touche tous les domaines.

Lors du panel, j’ai été étonné, mais surtout réconforté, de voir ce dynamisme chez mes compatriotes. Dans un pays comme le Tchad, où même l’internet est encore difficilement accessible à tous, ces femmes ont su relever le défi de créer un environnement propice à leur épanouissement. Elles se sont adaptées aux réalités du terrain et avancent chacune à leur propre rythme pour exercer dans le numérique. Quel courage !

Credit photo : WenakLabs

Zara Ahmed Sedick, aujourd’hui enseignante à l’ENASTIC, a partagé un peu de son expérience en tant qu’une des rares femmes tchadiennes conseillères aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication à la Présidence de la République. Dans un environnement masculin « macho » et vieux, elle s’est imposée comme elle dit « avec sa petite voix et sa petite taille » et s’est fait respecter par son travail, son savoir-faire, mais surtout par sa maitrise du sujet. Zara a reconnu le manque de ressources humaines réellement qualifiées dans les domaines des TIC ici et confirme que malgré ça, le pays veut faire un effort pour collaborer à l’émergence d’une société numérique innovante, inclusive et humaine afin de garantir l’accès de tous aux services publics. On a un retard énorme sur l’Afrique en général, mais on y arrivera un jour nous aussi.

Je retiens d’Edith Ngarba, photographe professionnelle basée en Côte d’Ivoire, son amour pour son travail qui a fini par devenir sa passion. Habituée de créer du contenu dans un environnement où les mentalités sont plus ouvertes et les gens plus indulgents, à son retour au Tchad il y a quelques semaines, elle s’est vue interdite beaucoup de pratiques liées à son travail qui sont pourtant bien acceptables dans les autres pays d’Afrique. Malgré cet enfreinte à sa créativité, elle ne se décourage pas et se dit convaincue de rentrer un jour s’installer définitivement au Tchad pour exercer sa passion et encourage ses sœurs tchadiennes à faire de même. En fait, elle soulève que le changement ne pourra se faire que par nous-mêmes, pour nous-mêmes.

Remadji Victoria et Edith Ngaba
Credit photo : WenakLabs

Remadji Victoria, rédactrice chez #TchadInfos, nous a parlé du fait qu’à ses débuts dans ce journal, elle était la seule jeune femme dans l’équipe. Entourée que d’hommes, elle se retrouve souvent à défendre avec ardeur ses sujets de rédactions, surtout ceux qui touchent la femme. Elle explique « qu’il est plus facile de valider un sujet d’article sur le Président de la République que sur celui d’une femme tchadienne ». Aujourd’hui, grâce à elle, l’équipe compte une deuxième femme rédactrice. La parité n’est pas encore envisageable dans son milieu de travail, mais elle reste confiante que de plus en plus de femmes finiront par s’intéresser à ce métier ici.

Tomboye Ibrahim, Zara Ahmed Sedick et Remadji Victoria
Credit photo : WenakLabs

Tomboye Ibrahim, Directrice des Noms de Domaines à l’ADETIC, m’a personnellement touché par son témoignage d’enfance. Étant petite fille, elle voulait devenir pilote d’avion, mais sa mère lui avait dit d’arrêter de rêver, car cela ne serait pas possible dans un pays comme le Tchad. Elle s’est donc tournée vers les nouvelles technologies qui est quand même un secteur majoritairement masculin, et y a trouvé pleinement son compte. Aujourd’hui, elle réalise tous les jours son rêve, car elle a trouvé sa voix et en est passionnée. Malgré les difficultés du pays, elle rétorque le fait que la femme tchadienne a une part de responsabilité énorme dans son développement en montrant ce dont elle est réellement capable. Quand nous sommes éduqués et que nous avons des convictions et des principes placés au bon endroit, nous pouvons aller loin. Évitons de crouler sous les préjugés sociaux, car c’est seulement en les taisant que nous avancerons.

Credit photo : WenakLabs

L’effervescence qui régnait dans cette salle m’a motivé et m’a exalté. Tous les jours j’en apprends davantage sur mon pays, ses potentialités et ses nombreux talents et je ne peux qu’espérer un avenir meilleur pour celui-ci. L’avenir, c’est surtout une jeunesse pleine d’espoir, d’ambition, de courage et d’énergie fortes en termes d’emplois, de projets et de projections.

Merci à cet évènement de m’avoir rappelé tout cela.

– Une femme tchadienne


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