À la découverte du Raphia de Madagascar

Le terme ‘Raphia’ définit à la fois le palmier et la fibre qui en est extraite. Le mot est d’origine malgache. Cette fameuse matière farineuse qu’on retrouve de plus en plus chez les grandes marques occidentales est en fait une plante qui pousse sur le continent africain. Originaire plus précisément de Madagascar et qu’on retrouve dans d’autres pays d’Afrique tropicale, les feuilles de ce palmier, Raphia farinifera, sont récoltées avant qu’elles arrivent à croissance. Il existe une vingtaine d’espèces reparti sur le continent. Une fois séché, c’est la partie charnue du dessous des feuilles qui est regroupé et attaché ensemble pour la confection de sacs et autres accessoires ethniques. De nos jours, les grandes marques comme Gucci, Chanel, Prada et même Yves Saint-Laurent l’utilisent aussi pour leurs collections estivales.

Le Raphia farinifera est l’une des espèces de palmiers du genre Raphia parmi la vingtaine existante (Source: lemonde.fr)

En Afrique, la valeur du raphia est négligée (à mon avis) par les africains. Je trouve qu’il n’est pas exhaussé à son plein potentiel sur le continent. À Madagascar, il se fond dans le décor pour accompagner les tâches quotidiennes des malgaches. Certes, ils s’en servent dans le domaine culinaire, dans la fabrication de meubles, de décorations, de chaussures, d’habits, de maisons et aussi comme accessoires de tous les jours pour faire le marché et les courses. Mais tout ça advient de sa disponibilité et du manque de moyens financiers. Sinon, il est aussi beaucoup utilisé culturellement selon les régions du pays. Mais souvent, le produit fini, minutieusement tressé et esthétiquement travaillé, devient un produit luxueux qui est beaucoup plus mis à la disposition des touristes, qui l’achètent en grande quantité.

Ce sont les occidentaux qui ont vite compris qu’il avait un potentiel énorme et qu’une fois transformé, il plaisait énormément au marché international. Regardons tout simplement le cas des grandes lignes de prêt-à-porter comme Zara et Mango. Ils vont directement se fournir en Afrique, avec une main d’œuvre quelque part en Asie, pour revendre leurs marchandises dix fois le prix de production.

Heureusement, la tendance est en train de changer petit à petit. Dorénavant, de plus en plus de marques africaines veulent exploiter la matière et se positionner elles aussi dans la cour des grands. Elles sont nombreuses, mais encore trop peu connues. Ces marques ont décidé elles aussi de faire le pari et de miser sur cette ressource 100% africaine. Des marques comme #IndegoAfrica, #TheNoces ou même #AAKS interviennent aujourd’hui dans l’exploitation du raphia en Afrique et exportent leurs marchandises partout dans le monde. Elles se positionnent aussi en tant qu’entreprise sociale, car elles contribuent à impacter positivement les communautés dans lesquelles elles œuvrent.

Un des modèles de la marque AAKS

Pour ma part, j’ai découvert le raphia à Madagascar en 2006. Aujourd’hui, en l’accessoirisant fièrement dans mon quotidien, je suis consciente qu’elle est une matière fastueuse. J’ai même ma petite collection vieille de plus de 10 ans qui grandi un peu plus à chacun de mes voyages sur le continent. Cette année, j’ai acheté plusieurs sacs en raphia lors de mes séjours au Cameroun, Sénégal et au Maroc. À Marrakech, un vendeur du souk a même essayé de me rouler en me surchargeant le prix d’un sac. Il m’a expliqué que comme ce raphia venait de Madagascar, je devrais prendre en considération son transport. À sa grande surprise, il avait à faire à une malgache devant lui. Malheureusement (ou heureusement) pour moi, il n’a pas cédé à baisser son prix déraisonnable, alors je ne suis pas rentrée avec l’objet de ma convoitise.

Un sac en raphia de ma collection, acheté au Maroc #madeinafrica

Parfois, les clichés les plus tenaces tiennent leur résistance d’un fondement de vérité. Les ressources africaines, souvent abondantes, ne profitent pas assez aux populations! Ouvrons davantage nos yeux, car le raphia représente une mine d’or pour les occidentaux. Valoriser nos ressources locales, pour nous et par nous, est une phase indispensable pour le décollage économique du continent africain.


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