La joie de vivre … au Tchad

Être jeune et vivre au Tchad n’est pas du tout quelque chose de facile. Et être tchadien est une tâche plus complexe que je le pensais.

Avant cette année, tout ça n’avait pas la même signification, ni la même importance pour moi. Aujourd’hui je vois les choses différemment, mais surtout plus sérieusement.

J’ai fait le choix de rentrer au Tchad pour la simple raison que je suis tchadienne et que j’avais envie de connaître davantage mon pays et d’y vivre.

Mais à mon arrivé cette raison s’est avérée être un devoir qui a fini par se transformer en passion. Oui, je suis aujourd’hui passionnée d’être tchadienne parce que ce pays n’est pas comme les autres. Toutes les conditions sont réunies pour que tu sois malheureux, pessimiste et que tu échoues dans la vie, mais j’ai été heureuse de voir que ce n’est pas la direction que beaucoup de jeunes comme moi ont décidé de prendre.

Même si tout va mal dans ce pays et qu’on a souvent l’impression que c’est le monde à l’envers, pourtant j’y suis heureuse plus que nulle part ailleurs et mes ambitions dépassent parfois même ma réalité. Je ne cesse de le répéter à mon entourage, mais aucun sentiment n’égale celui de vivre sur sa terre et d’y contribuer à son développement d’une façon ou d’une autre! C’est pourquoi je vois désormais les maux du Tchad comme des défis personnels à relever.

Ces derniers mois passés ici m’ont fait comprendre que c’est dans l’adversité que je vais et que je veux évoluer. En quelques mois, je me suis forgé un caractère d’acier et j’ai réévalué mes priorités. Je me suis impliqué dans ma communauté et grâce à mon travail qui me passionne tellement, j’ai côtoyé des femmes leaders inspirantes et battantes qui m’ont rappelé mon rôle et mon devoir en tant que femme tchadienne. Je me dois désormais de me battre à leurs côtés pour non seulement changer leurs vies, mais aussi la mienne, pour qu’elle soit une vie dont je serai fière d’avoir vécu.

Une des leçons que mon père tchadien nationaliste m’a inculpé dans la vie est de savoir s’adapter dans toutes les situations et d’y chercher plus de côtés positifs que négatifs. Et c’est ce que j’ai fait ici.

Toutes les petites habitudes que j’avais dans ma petite vie de citadine montréalaise, je les ai désormais adapté dans ma grande vie de N’Djamenoise. J’ai toujours été quelqu’un qui aime la vie, les sorties entre amis, les beaux moments et les voyages. J’ai répété tout ça dans un contexte 100% Tchadien et j’y ai trouvé mon compte.

Malgré le fait que les divertissements sont quasi inexistants et que les tchadiens manquent parfois d’ingéniosités en termes de création d’activités sociales, je me suis débrouillé avec les moyens de bord et sans mentir j’ai vécu ma « best life » à N’Djamena.

Les sorties au chic Radisson Blu entre potes pour profiter de la magnifique vue sur le fleuve Chari, les soirées restos entre copines qui se transformaient en «  N’Djam by night »  jusqu’au petit matin, les beaux  moments passés avec ma famille à se raconter nos péripéties du quartier et les balades dans ma très chère capitale à la recherche de tout et de rien pour se changer les idées avant la reprise du boulot sont des moments qui semblent tellement simples, mais qui comptent beaucoup pour moi parce que je les ai vécus dans mon pays.

Je suis consciente que ma réalité n’est pas celle de tous les tchadiens et je ne vois pas non plus le Tchad comme un monde utopique. Je veux tout simplement partager mon expérience personnelle et encourager et montrer aux jeunes que vivre au Tchad, malgré les difficultés, peut aussi être un choix.  

J’ai lu quelque part un jour que « Ne te laisse pas abattre par l’adversité, n’en montre au contraire que plus de courage. » 

Dans un pays où tout est difficile, sur un continent où tout semble plus compliqué, j’y ai trouvé une vie simple, sans superficialité et remplie d’espoir.

Mon souhait pour mes compatriotes qui me lisent est de garder espoir et d’avoir foi de voir nous aussi notre pays se développer et prospérer. Et cela ne sera possible que si tout le monde y met du sien.

Je sais désormais que tout ce que je ferai dans ma vie ne sera pas pour moi seulement, mais pour ma famille, pour mon continent, pour mon pays et pour son développement économique et sociale.

Merci à mon très cher père qui m’a transmis l’amour de mon pays. Merci à lui de m’avoir donné la chance de choisir. Et j’ai fini par te choisir toi, le pays de Toumaï.

Une tchadienne optimiste

xox


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